Mon collègue Matisse (analyste boursier) et moi-même (analyste de portefeuille) nous sommes rendus à Cologne pour la Gamescom, le plus grand salon mondial dédié aux jeux vidéo et aux jeux sur ordinateur, afin d'approfondir nos connaissances du secteur du jeu vidéo. La Gamescom est le lieu incontournable où l'industrie présente sa prochaine génération de jeux et de matériel.
Au cours de notre visite, nous nous sommes délibérément concentrés sur deux axes. D'une part, les dernières innovations des grands développeurs de jeux vidéo (Nintendo, Tencent, Konami). D'autre part, le matériel et les puces indispensables au fonctionnement des jeux de cette génération.
L'intelligence artificielle dans le jeu vidéo
Nous avons nous-mêmes pris la manette de temps en temps. Un jeu nous a particulièrement marqués : « Project Black Box » de Meshi.AI, un jeu dans lequel l’intelligence artificielle adapte le jeu au fur et à mesure que vous jouez. Le personnage et ses pouvoirs évoluent en fonction de votre style de jeu, ce qui fait qu’aucune partie ne se ressemble. Lorsque nous avons demandé au développeur si l’IA avait été utilisée lors de la création du jeu, la réponse a été, de manière surprenante, négative.
Cette distinction est plus importante qu'il n'y paraît. L'IA dans les jeux vidéo se présente globalement sous deux formes. La première est l'IA dans le jeu : des personnages et des systèmes intelligents et adaptatifs qui s'adaptent au fur et à mesure du jeu. La seconde est l'IA dans le développement : des outils qui génèrent des modèles 3D, des textures, des animations, des dialogues et même du code. Les studios ont de plus en plus souvent recours à cette deuxième catégorie pour réduire considérablement les délais de production. Dans le même temps, la supervision humaine reste cruciale, car le débat sur les droits d’auteur, les données d’entraînement et la cohérence de la qualité bat toujours son plein dans le secteur. Le fait qu’un développeur choisisse délibérément de ne pas utiliser l’IA dans le processus de production constitue donc également un signal stratégique.
Nintendo : les files d'attente ne mentent pas
La popularité de Nintendo était indéniable : de longues files d'attente et des stands bondés. Avec la Switch 2 comme pièce maîtresse, Nintendo a présenté une vaste gamme de titres jouables, allant de ses propres exclusivités telles que Nintendo Switch Sports Resort, Splatoon Raiders et la nouvelle extension Pokémon Pokopia, jusqu'aux poids lourds de tiers. Le titre le plus marquant était Call of Duty : Modern Warfare 4, qui fait son retour sur une console Nintendo pour la première fois depuis plus de dix ans. Pour une console qui n’en est encore qu’à ses débuts, une offre aussi variée constitue un signal fort à l’intention des joueurs et du marché.
Le moteur sous le capot : NVIDIA et AMD
Aucun de ces jeux ne fonctionne sans ces puces. Les jeux de cette génération sont si exigeants que la carte graphique est devenue, de facto, la porte d’entrée vers l’expérience de jeu. Deux noms dominent ce paysage. NVIDIA s’impose comme la référence haut de gamme avec sa gamme RTX 50 (architecture Blackwell). AMD riposte avec la gamme Radeon RX 9000 (RDNA 4), qui se distingue notamment par son excellent rapport qualité-prix.
L'essor du simulateur
Outre les jeux de fiction classiques, une deuxième tendance s'est imposée : les jeux dits « de simulation » gagnent visiblement du terrain. Farming Simulator, Bus Simulator, ainsi que les simulateurs de camion et de vol étaient très présents et ont attiré un large public. C’est un genre qui ne repose ni sur le spectaculaire ni sur un budget marketing, mais bien sur la fidélisation à long terme des joueurs, et donc sur des revenus stables et récurrents pour les studios qui les développent.
Du salon boursier au dossier d'investissement
Au final, une journée à la Gamescom, c'est une journée d'observation du marché. Ce qui se voit sur le salon se traduit à terme par les chiffres des acteurs cotés en bourse : les sociétés de contenu détentrices des franchises (Nintendo, Tencent, Konami et autres), les plateformes et distributeurs qui touchent les joueurs, ainsi que les fabricants de matériel et de semi-conducteurs qui fournissent la puissance de calcul sur laquelle repose cette génération. L’émergence de l’IA ajoute une dimension supplémentaire à tout cela : elle influence à la fois la structure des coûts du côté de la production et la demande en puissance de calcul et en puces du côté du matériel.
Pour ceux qui considèrent le secteur du jeu vidéo comme un investissement, la question essentielle n’est pas de savoir quel titre est le plus divertissant, mais quels maillons de cette chaîne créent et préservent de la valeur de manière structurelle: la force de la franchise, les revenus récurrents et l’infrastructure technologique sous-jacente. La Gamescom ne fournit pas de prévisions boursières à cet égard, mais elle offre quelque chose d’au moins aussi précieux : un aperçu de ce pour quoi les passionnés de jeux vidéo font déjà la queue aujourd’hui.
Avertissement : cet article de blog est purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une offre, ni une recommandation. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.