La BCE a de nouveau relevé ses taux d'intérêt hier, mais la politique monétaire de la zone euro se durcit sur plusieurs fronts.
Hier, la BCE a annoncé une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt, portant son taux directeur à 2,5 %. Bien que les marchés financiers aient anticipé cette mesure, cette deuxième hausse des taux de la BCE en trois mois intervient alors qu’il n’y a pour l’instant que peu d’indices laissant présager des effets de second tour, dans lesquels la hausse des prix de l’énergie se répercuterait sur les prix des biens et des services. Comme nous l’avons souligné dans le MacroFriday de la semaine dernière, la hausse actuelle de l’inflation résulte principalement d’un problème d’offre sur le marché de l’énergie et n’est pratiquement pas tirée par la demande. Parallèlement, la récente hausse des taux d’intérêt à long terme sur les marchés entraîne un resserrement supplémentaire des conditions financières, ce qui pourrait peser sur les investissements et la croissance économique dans la zone euro.
Je me demandais si la BCE allait également se pencher sur la réduction progressive de son bilan, un processus qui a déjà débuté en mars 2023. À partir d’aujourd’hui, les obligations arrivant à échéance dans le cadre de l’APP et du PEPP ne seront plus réinvesties. La BCE réduit ainsi progressivement sa présence sur les marchés obligataires, et une part plus importante du financement des administrations publiques revient aux investisseurs privés. Cela exerce également une pression à la hausse sur les taux d'intérêt du marché. Il est frappant de constater que le rythme de réduction du bilan semble s'être ralenti ces dernières années. Cela reflète toutefois principalement la forte hausse de la valeur des réserves d'or de la BCE et non pas tant un changement dans la politique de réduction du bilan.
Bien entendu, les conditions et les dynamiques économiques varient d’une région à l’autre, ce qui impose de faire preuve de prudence dans les comparaisons. La Réserve fédérale constitue néanmoins une référence intéressante. Le resserrement quantitatif de la Fed s'est déroulé de juin 2022 à décembre 2025, soit une période de 42 mois, à l'issue de laquelle la banque centrale a cessé de réduire davantage son bilan. Et en ce mois de septembre, cela fait exactement… 42 mois que la BCE a entamé son propre resserrement quantitatif.