Le Canada est peut-être être réputé pour sa politesse, la réaction à la nouveaux tensions commerciales avec les États-Unis est loin d’être passive.
Au cours de l’été, les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada se sont à nouveau intensifiées pour atteindre un nouveau point critique. Washington a instauré des droits de douane supplémentaires pouvant aller jusqu’à 50 % sur une série de produits canadiens, notamment dans des secteurs tels que l’automobile, les produits laitiers et les boissons alcoolisées. Le Canada a réagi à son tour en suspendant les négociations commerciales et en annonçant des droits de douane de rétorsion similaires sur certains produits importés des États-Unis, notamment l’acier, les produits laitiers, les machines agricoles, les appareils ménagers et l’électronique. Néanmoins, la majeure partie des échanges entre les deux pays, soit environ 85 %, reste exonérée de droits à l’importation en vertu de l’ACEUM, ce qui limite relativement l’impact économique global du conflit. Les conséquences seront toutefois beaucoup plus marquées dans certains secteurs et certaines régions qui dépendent fortement du commerce transfrontalier et des chaînes d’approvisionnement nord-américaines, historiquement étroitement liées.
La part du Canada sur le marché américain des importations a reculé et a enregistré, après la Chine, la deuxième plus forte baisse parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis : de 13,4 % au début de l'année 2024 à 11,2 % en juillet. Bien que les exportations chinoises vers les États-Unis semblent, à première vue, avoir fortement diminué, il est probable qu’une partie de ces marchandises soit détournée vers d’autres pays avant d’atteindre finalement le marché américain. Les consommateurs disposent d’un pouvoir économique considérable, et les Canadiens votent de plus en plus souvent avec leur portefeuille. Une mentalité « Buy Canadian » s’est clairement installée, qui consiste à soutenir délibérément les producteurs nationaux. Si les États-Unis restent la principale source d’importations de biens du Canada, les consommateurs canadiens indiquent de plus en plus clairement qu’ils souhaitent réduire leurs dépenses en produits américains.
Pendant ce temps, l'Europe s'engage dans la direction opposée. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué l'idée d'offrir au Canada une nouvelle forme d'adhésion associée, alors que les deux parties souhaitent renforcer encore leurs liens économiques et stratégiques. La forme exacte d'un tel partenariat reste à définir, mais il est clair que les deux parties souhaitent coopérer plus étroitement dans des domaines tels que l'énergie, les matières premières critiques, la défense et la technologie. Alors que certains construisent des murs, d’autres jettent de nouveaux ponts.