Aperçu hebdomadaire des marchés

Travailler de 9 h à 17 h, quelle façon de gagner sa vie !

Je m'en sors à peine, on ne fait que prendre, sans rien donner en retour

Ils se servent simplement de ton esprit, sans jamais te donner le mérite qui te revient

Ça suffit à te rendre fou si tu te laisses faire

– Dolly Parton (9 to 5)

La semaine dernière, les marchés financiers nous ont laissé deux grandes questions en suspens. Premièrement, l’annonce de Scott Bessent marquait-elle le coup d’envoi d’une campagne plus vaste et plus longue ? Et deuxièmement, les marchés boursiers sont-ils passés d’une correction du mouvement lié au « goulot d’étranglement de l’IA » à un changement de tendance?

En ce qui concerne la deuxième question, la réponse est nuancée. Après sept séances consécutives de baisse, Nvidia a surpris avec des résultats supérieurs aux attentes: 96,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit plus du double par rapport à l'année précédente, des prévisions à 108 milliards (contre 104 milliards attendus) et un carnet de commandes dépassant les 2 000 milliards. Bien que le secteur des semi-conducteurs dans son ensemble ait réagi positivement à ces chiffres, la réaction du marché est restée modérée: les titres des fabricants de mémoires ont été vendus, et Nvidia lui-même cote toujours en dessous de son plus haut historique. Plus intéressante encore est la résurgence du secteur des logiciels et des services, que l’on croyait moribond. Salesforce a gagné pas moins de 20 %, Okta 28 % et Crowdstrike 18 % : des mouvements qui indiquent surtout un consensus sur une sous-pondération du secteur et une concentration des positions courtes chez les fonds à effet de levier. Le PDG de Salesforce, Marc Benioff, et le fondateur d’Anthropic, Dario Amodei, sont apparus dans une vidéo pour déclarer que la « SaaS-pocalypse » était terminée et que les logiciels seraient les bénéficiaires de l’IA. Les plus bas du sous-secteur, tant en termes absolus que relatifs, sont déjà derrière nous depuis quelques semaines. On peut s'attendre à ce que le marché considère désormais ces actions sous un angle différent de celui d'il y a quelques mois, en mettant l'accent sur les opportunités plutôt que sur une éventuelle perturbation.

La première question a déjà trouvé réponse lundi. L'obligation à 30 ans a effectué un « aller-retour », ce qui a conduit Bessent à suggérer que plus de 4 milliards étaient prêts pour une nouvelle intervention. Cependant, le calme a globalement régné sur les marchés obligataires. Même s’ils ont des doutes quant à l’efficacité et à la logique des actions de Bessent, les investisseurs savent qu’il est vain de s’opposer à l’État américain sur les marchés financiers : « don’t fight the Fed », ou dans ce cas précis, « don’t fight the Treasury ». L’or et le bitcoin constituent les valeurs refuges par excellence, tous deux fortement recherchés dans un contexte d’incertitude monétaire.

Le consommateur reste le maillon faible d’un scénario macroéconomique globalement positif: (pour l’instant) un perdant de l’IA, accablé par des taux d’intérêt élevés et la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, et dont l’esprit est perturbé par un excès de « doomscrolling ». Walmart a enregistré sa plus faible croissance de chiffre d’affaires depuis six ans, et le géant de la distribution sportive Dick’s Sporting Goods a vu son cours chuter de 30 % après la publication d’un rapport trimestriel décevant.

Au cours des prochains jours et des prochaines semaines, deux éléments devraient se préciser. Premièrement, si la présentation de Kevin Warsh à Jackson Hole confirme la « voie à suivre » des autorités américaines. Cela renforcerait encore la tendance des matières premières, des métaux précieux et du Bitcoin. Deuxièmement, il faudra voir si le regain d’optimisme autour des logiciels et des services se confirmera par le lancement et l’adoption d’applications basées sur l’IA. Ce serait une bonne nouvelle pour le secteur technologique, car un marché haussier uniquement porté par les infrastructures et le matériel, sans visibilité sur les applications, est intrinsèquement instable. Il faut bien que quelqu’un paie la note.

Avertissement : cet article de blog est purement informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une offre, ni une recommandation. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.

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