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Corona ExpoTech Update Partie 2

Le premier trimestre 2020… on n’est pas près de l’oublier!
Encore une semaine et on y est! La saison des résultats va débuter. C’est la période où les entreprises cotées en Bourse publient le rapport de leurs bénéfices ou de leurs pertes pour le trimestre écoulé. Vous serez d'accord avec moi si je vous dis que le dernier trimestre restera longtemps dans les livres d’histoire. L'année 2020 avait à peine commencé que l’Australie prenait littéralement feu. La Chine et les États-Unis concluaient la ‘phase 1’ de leur accord commercial, semblant désamorcer un peu le conflit technologique opposant les deux pays. Peu de temps après, un tweet du président américain remettait de l’huile sur le feu dans les tensions guerrières entre l’Iran et les États-Unis. Et puis... le tsunami COVID-19 est parti de Chine direction l’Occident, en passant par l’Italie, l’Europe entière et l’Amérique du Nord, se propageant aussi du Nord au Sud. Le jeu d’échecs qui a suivi entre la Russie et l’Arabie saoudite concernant les volumes de production et la diminution de moitié du prix du pétrole a complété le tableau trimestriel.

Résultats financiers et guide de lecture
Saison des résultats et rapports trimestriels... Vous êtes-vous déjà demandé comment ces rapports étaient élaborés? Il y a évidemment la norme IFRS (International Financial Reporting Standards), de portée mondiale, qui assure que les décomptes des revenus et des dépenses de toutes les entreprises sont intelligibles et comparables. Les États-Unis appliquent leur propre norme: les GAAP (Generally Accepted Accounting Principles). Dans les deux cas, ces rapports financiers permettent aux investisseurs, actuels et potentiels, mais aussi à d'autres publics d’évaluer les performances des entreprises cotées en Bourse. Les chiffres en disent long, mais ils ne révèlent pas tout. C’est pourquoi les tableaux financiers sont accompagnés d’un rapport de gestion, qui décrit l'évolution des affaires et présente les réalisations, succès, revers, stratégies marketing et objectifs de l’entreprise.
 
Souvent, ce rapport de gestion fait aussi l’objet d’une présentation, plus visuelle et un peu plus légère à assimiler. Pas toujours, mais souvent quand même, le CEO intervient dans ces rapports de gestion, tantôt très fier d’exposer ses réalisations, tantôt aussi pour présenter ses excuses en cas d'échecs. On peut souvent en déduire aussi la santé de l’entreprise. L’entreprise paie-t-elle toujours les erreurs du passé ou se projette-t-elle déjà dans l'avenir? Les entreprises qui communiquent invariablement de manière proactive, claire et cohérente chaque trimestre, par beau temps comme par mauvais temps, jouissent de toute ma considération.
 
Ces dernières semaines, certaines ont relevé le défi de continuer à communiquer en ces temps difficiles et, dans la mesure du possible, ont essayé de faire preuve de transparence sur l’impact du virus. Elles mériteraient un bouquet de fleurs numérique. Dans une carrière précédente, j'étais du côté des entreprises qui établissaient ces rapports. Je sais donc très bien comment se déroule l'élaboration de la communication financière des entreprises.

Préparez-vous. Les entreprises peuvent aussi être testées positives ou négatives au coronavirus.
Pour beaucoup d’entreprises cotées en Bourse, les prochaines semaines vont donc être placées sous le signe du rapport trimestriel, dans lequel elles vont tenter d’expliquer comment elles ont traversé le premier trimestre de 2020. Certaines diront que leur chaîne d'approvisionnement a été interrompue et qu’elles n’ont donc pas pu fabriquer leurs produits. D’autres que leurs produits n’ont pas pu être livrés à leurs clients et qu’elles ont donc enregistré une baisse de chiffre d'affaires. Certaines d’entre elles ajouteront que le chiffre d'affaires n’est pas perdu, mais seulement reporté. Un certain nombre, qui ont eu plus de chance, vont annoncer qu’elles ont bien livré leurs produits, mais qu’elles ont dû produire plus d’efforts pour les vendre (autrement dit, cela leur a coûté plus cher). Enfin, on trouvera aussi des entreprises qui ont vu la demande pour leurs produits augmenter de manière inattendue. Abstraction faite de ces scénarios, les normes comptables se feront plus vagues. Avec leurs auditeurs, les directeurs financiers vont devoir faire des estimations pour établir leur chiffre d'affaires et les coûts associés. Ils vont aussi relire de nombreux contrats, pour vérifier les remises sur volumes accordées. Ou voir si la clause de force majeure peut être invoquée pour échapper à une indemnité pour retard de livraison. Du côté des coûts, ils vont aussi devoir procéder à des évaluations des risques et constituer les provisions nécessaires. Tous les clients pourront-ils payer leurs factures, les produits seront-ils encore frais à la livraison, que coûtera le redémarrage de l’usine?

Comme le montre le paragraphe précédent, de nombreuses équipes financières vont devoir faire des heures supplémentaires, probablement en télétravail, mais elles vont avoir du boulot. Les CEO des entreprises cotées en Bourse devront aussi faire des choix. S’ils gardent la tête haute et font comme si cette petite grippe n'avait pas touché leur entreprise, les non-initiés les applaudiront pour leur flexibilité et leur résilience. Mais que se passera-t-il alors au prochain trimestre? Ne vaut-il pas mieux avaler la pilule très amère du coronavirus ce trimestre et laisser la maladie suivre son cours pour se montrer de nouveau sous un meilleur jour les prochains trimestres? Le rôle des auditeurs d’entreprise va être crucial à cet égard. Les entreprises sont censées présenter leurs perspectives pour le prochain trimestre et/ou l'année à venir. Si beaucoup seront tentées de ne pas faire de pronostics financiers pour l'année, à cause de l’incertitude que génèrent la pandémie et les mesures de quarantaine, nous espérons quand même que les entreprises seront assez courageuses pour dire sur quelles bases et hypothèses elles se fondent.

Ces choix ne sont pas évidents, me semble-t-il. De plus, la communication financière n’est pas seulement lue par les actionnaires, mais aussi par les collaborateurs, les concurrents, les fournisseurs et les clients. D’un côté on souhaite donner de l’espoir, de l'autre on veut montrer sa résilience et on espère emporter la sympathie. Vous aurez compris que la saison des résultats n’est pas une mince affaire, surtout celle-ci. Je leur souhaite bonne chance dans les prochaines semaines.
 

Notre conviction dans les technologies exponentielles reste inébranlable
Envisageons la saison des résultats qui arrive du point de vue de l’investisseur en actions. Elle s'annonce aussi complexe que pour les entreprises qui publient leur rapport. En outre, les investisseurs vont devoir identifier les estimations que les CFO ont réalisées et le message fondamental que les CEO veulent transmettre à l’investisseur. Il va donc falloir examiner le rapport financier dans le détail, peser chaque mot et analyser méticuleusement les moindres chiffres. Cela vaut pour le compte de résultats, mais aussi pour le bilan (stocks, comptes débiteurs et créditeurs, réductions de valeur des actifs, provisions pour risques) et l’état des flux de trésorerie. Souvent, les présentations des résultats (qui se faisaient déjà en vidéoconférence avant le coronavirus) donnent plus d'éclaircissements sur le message du management.
 
En ce qui me concerne, c’est un exercice que tout investisseur doit faire, surtout en ce moment, vu la forte probabilité qu’on en apprenne plus que d’habitude sur les processus qui régissent l’entreprise en question. N’ayez cependant pas la vue trop courte: mettez en balance les perspectives à court et à long terme. Il est même préférable de tenir davantage compte du long terme. Nous le faisons aussi dans la gestion de nos portefeuilles d’investissement. Ceux-ci reposent sur notre profonde conviction dans les technologies, en particulier celles qui se renforcent en arrivant à maturité en même temps. Nous avons composé nos portefeuilles et fonds technologiques en nous focalisant à l'échelle mondiale sur les entreprises cotées qui sont à la pointe du marché et de l’innovation dans leur cœur de métier. Ces entreprises tirent parti des progrès des technologies d'aujourd’hui et de demain. Ce sera aussi le cas après la crise du coronavirus. Il se pourrait que le coronavirus provoque chez elles un peu de difficultés respiratoires, mais du moment qu'elles prennent une grande inspiration pour mieux sauter, ce n'est pas trop grave. Jeux vidéo, paiements électroniques, 5G, semi-conducteurs, logiciels d’entreprise dans le cloud, intelligence artificielle, cybersécurité, technologies médicales, Internet des objets, robotique avancée et commerce électronique ne sont que quelques exemples de tendances exponentielles dans lesquelles nous investissons. Notre solide conviction dans ces opportunités n'a pas été ébranlée. Au contraire, une bonne part des entreprises technologiques exponentielles dans lesquelles nous investissons ont tout à gagner à remettre en question le statu quo. Elles s'épanouissent et accroissent encore leur part de marché lorsque leur marché est exposé à des facteurs de stress et à des incertitudes. La solidité d’un ancrage s'éprouve en affrontant la tempête.

Siddy Jobe

Siddy Jobe

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